Pratique du Zen

La méditation, pourquoi et comment méditer, exercices de méditation... Des questions, c'est ICI.

Modérateur : Noe

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Hors ligne Jean Pascal
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(Extraits du livre de Chang Chen-Chi. Une remarque : je comprends mieux en remplaçant le mot "esprit" par le mot "mental". Le bouddhisme emploie "esprit" au lieu de mental. En gnosticisme, nous employons mental, car nous pouvons influencer le mental et non l'esprit qui est l'Être lui-même).

II. Les sept différents types de méditation

L'étude comparée des nombreuses techniques de méditation des différentes religions, écoles ou sectes, est un sujet plein d'attraits mais fort compliqué à traiter, et qui dépasse le cadre de cet ouvrage. Les principales méthodes de méditation bouddhiste Mahayana, peuvent être classées en sept groupes :

1) Pratique de la méditation par les exercices respiratoires
D'après la théorie fondamentale de « l'identicité » de l'Esprit et de Prana, celui qui réussit à dompter sa respiration dompte en même temps son esprit. Ainsi, l'exercice respiratoire est un des meilleurs moyens d'approcher Samadhi.

Le terme « exercice respiratoire » se rapporte à la respiration elle-même, répétée sans cesse selon un rythme prédéterminé. Les méthodes les plus courantes de ces exercices consistent à compter la respiration, à la supprimer ou à la retenir. La première de ces méthodes est peut-être la plus facile et la moins dangereuse. Elle a toujours été recommandée par de nombreux professeurs de bouddhisme, et est pratiquée depuis des siècles par ceux qui se livrent à la méditation bouddhiste. Contrairement aux autres, ce type de méditation peut être pratiqué sans l'aide constante d'un Guru, à condition toutefois de connaître les techniques respiratoires et de comprendre le principe fondamental de la pratique de Dhyana.

Le grand maître Chi I, fondateur de l'école chinoise de Tien Tai, explique clairement ces exercices respiratoires, dans son livre célèbre : Lu Miao Fa Men, ou les Six Portes Merveilleuses de l’Illumination. Ces Six Portes Merveilleuses sont interprétées de dix manières différentes et forment ainsi un total de soixante manières d'approcher les Six Portes Merveilleuses.

Le stade de la respiration comptée
Six stades successifs se forment, lorsque ce principe est appliqué à la respiration. Le premier, appelé « le Stade de la Respiration comptée », force l'esprit de compter chaque inhalation et exhalaison alternées, très lentement de un à dix. Si l'énumération est interrompue par une seule pensée qui fait diversion, le yogi doit recommencer à compter. Il réussira graduellement cette expérience par des exercices répétés, et pourra finalement compter de un jusqu'à dix, sans qu'aucune pensée étrangère ne vienne le distraire. La respiration devenue subtile et légère est domptée, et l'action de compter commence à peser au yogi. Cette expérience se nomme la « réalisation par la Respiration comptée ».

Le stade de la respiration suivie
Le yogi cesse alors de compter et passe à la seconde expérience, celle qui consiste à « suivre la respiration ». L'esprit du yogi va se confondre avec sa respiration, en suivant ses deux temps, en s'y mêlant avec aisance. Il sent l'air se répandre de toutes parts en lui et toucher l'extrême pointe de chacun de ses cheveux. Son esprit s'enveloppe de calme et de sérénité. Il subit l'expérience de la « Respiration suivie ». Mais à partir de ce moment, l'action de « suivre la Respiration » devient un fardeau pour le yogi qui l'abandonne, comme il l'a déjà fait pour l'expérience précédente.

La pratique de l’arrêt de la respiration
Il passe maintenant à la « Pratique de l'arrêt ».
Le yogi devra complètement ignorer sa respiration, et « arrêter » la pensée sur le bout de son nez.
Le calme et la sérénité l'envahiront bientôt. Il aura l'impression de disparaître, et de se fondre dans le vide. Il a atteint le stade de Dhyana, celui de l'arrêt parfait, et devrait alors se rappeler le conseil de Bouddha, qui dit que, malgré la merveille de cette expérience, il ne faut pas s'y cramponner ou y rester attaché.

La pratique de l’observation de la respiration subtile
Le yogi commencera ensuite la quatrième expérience, celle de « la Pratique de l'Observation ». Il observera sa respiration devenue très subtile, et le contenu de son enveloppe charnelle, os, sang, muscles, excréments, etc. Il arrivera ainsi à conclure que tous ces éléments physiques sont illusoires, passagers et dépourvus de nature propre. En appliquant constamment cette « Pratique d'Observation », l'oeil spirituel (ou l'esprit) du yogi s'ouvrira graduellement et suivra finalement toutes les fonctions de ses organes et viscères. Il comprendra alors que l'existence physique et psychique subordonnée à la conception de « l'ego », est misérable, éphémère et illusoire.

La pratique du retour de l’esprit vers son état original
Le yogi entamera l'expérience de la « Pratique du Retour » qui consiste à ramener l'esprit vers son état original.
Au cours de cette nouvelle expérience, le yogi devra soigneusement passer en revue les différentes pratiques de méditation qu'il a déjà employées. Il découvrira ainsi que toutes sont soumises à un certain dualisme formé par l'esprit actif et l'objet qui détermine l'action. Le thème principal de cette nouvelle expérience, est l'abandon de ce dualisme et le retour au premier stade, celui du Vide-Total absolu. Le yogi y arrivera en contemplant le Non-mental ou la nature « vacante » de l'esprit. Celui qui découvre le Non-mental se demande d'où peut venir le dualisme qui oppose le « sujet à l'objet ». Lorsque le yogi aura réalisé cette vérité, la grande Sagesse Transcendante s'épanouira soudain pour lui, tandis qu'il erre naturellement dans le premier stade qu'il a retrouvé.

La pratique de la pureté
Mais le yogi devra continuer sa méditation et aborder le sixième et dernier stade, celui de la « Pratique de la Pureté », pour nettoyer la « subtile souillure de l'action », parfaire et compléter la Sagesse Absolue qui s'est épanouie en lui.

Les pratiques de l'Observation, du Retour, et celle de la Pureté, ne sont pas vraiment des pratiques Dhyana, mais dépendent bien plus de Prajna ; la Pratique de l'Observation, est celle qui observe le Non-mental de l'être sensible ; la Pratique du Retour, observe le vide des dharmas concrets ; enfin celle de la Pureté, observe le vide du dualisme et la fusion de l'esprit dans la grande égalité générale.

La méditation bouddhiste ne peut atteindre la perfection que par l'exercice de l'observation du vide. Les six stades de la pratique de méditation que je viens d'exposer, sont les six points particulièrement recommandés par l'école chinoise Tien Tai.

La pratique par la méthode de « l'arrêt » ou suppression de la respiration, est peut-être la méthode la plus puissante et la plus directe. Elle transporte directement le yogi vers Samadhi, mais peut être dangereuse et nuisible, si mal appliquée. Il faudrait en l'abordant s'assurer les conseils d'un professeur éclairé, et posséder à fond la technique plus simple de l'exercice de respiration normale (celui de la respiration « comptée » par exemple).

à suivre.

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Re: Pratique du Zen

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Merci beaucoup de cet éclairage, même si j'ai interrompu ma lecture à cause de l'heure, j'ai hâte d'être à demain pour lire la suite ... cette pratique m'inspire directement ... à demain et la température prise fugacement dans ce début de lecture conscientise encore ma nuit :idea:
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Re: Pratique du Zen

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(idem : pour mieux comprendre, remplacer le mot "esprit" par le mot "mental")

2) Pratique de la méditation par la concentration de l'esprit sur un point défini
Cette méditation d'une apparente simplicité, offre néanmoins de grandes difficultés d'exécution. Les Gurus conseillent au yogi de ne s'y livrer, que s'il connaît à fond la technique des exercices respiratoires ; sinon la concentration sur un point défini lui paraîtra difficile et ennuyeuse.

Fixer l'attention sur un point extérieur est moins dangereux mais moins efficace que de la concentrer sur un point défini à l'intérieur du corps. On obtiendra parfois de curieux résultats en fixant l'esprit sur un point quelconque du corps, et cette concentration produira un phénomène psychique déterminé. En fixant l'attention sur un point déterminé entre les sourcils, on provoquera l'expérience « lumière », et en la fixant sur le nombril, on provoquera l'expérience « béatitude ». Si, au contraire la concentration est dirigée vers un point du centre cardiaque, elle provoquera l'union des forces positive et négative du corps, et par la suite, l'expérience du « vide lumineux » ou « vide béat ».

D'après les bouddhistes Tantristes, les cinq parties du corps auraient chacune leurs fonctions définies et leurs exigences spéciales. Seul un Guru expérimenté peut les expliquer. La littérature Tantriste du Tibet nous fournit à ce sujet des informations très détaillées.

3) Pratique de la méditation par la vue
Celui qui n'a pas étudié pratiquement l'exercice de « l'esprit-contrôlé », ne comprend pas comme il est difficile d'apprivoiser son propre esprit. Il croit le diriger naturellement et le faire fonctionner à son gré, ce qui est une grave erreur. Ceux qui ont pratiqué la méditation sont les seuls à comprendre la difficulté de contrôler un esprit rétif. Essayons d'apercevoir une image en fermant les yeux. Nous nous apercevrons bientôt de la difficulté de cet exercice : l'image, floue et incertaine, s'efface, flotte et refuse de se stabiliser ou de « s'exprimer ». Cette vision est tout au plus une « sensation » pour le néophyte, mais non pas une « image ».

J'entrepris autrefois une méditation de cent jours, dans un monastère de montagnes de la Chine centrale et me concentrai sur l'image de Bouddha pendant huit à neuf heures par jour. Au cours des premières semaines, l'image me parut floue, indistincte et instable. Lorsque je voyais la tête de Bouddha, les autres parties de son corps échappaient à ma vue et vice versa. Une fois seulement, je pus apercevoir l'image nette de Bouddha. Enfin, après sept semaines de méditation intensive, la vision devint graduellement claire et distincte, et apparut plus nettement que l'image réelle perçue par l'oeil. Les yogis familiers de ce genre de méditation témoigneront de sa réussite, tandis que certains profanes l'admettront difficilement.

Le bouddhisme déclarait déjà, il y a des siècles, que l'homme voit avec l'esprit et non avec les yeux. L'oeil est excité par l'intensité de la lumière qui éclaire les objets de notre entourage, et cette excitation est interprétée par l'esprit sous forme d'images visuelles par un phénomène que nous appelons la vue. Cette vision de l'oeil ne peut donc pas être aussi fidèle que la vision directement projetée par l'esprit. Si l'on admet l'exactitude de cette théorie, les déclarations des yogis ne sont ni exagérées ni fantaisistes.

La vue est un des moyens les plus efficaces de maîtriser l'esprit et Prana. Le Tantrisme recommande spécialement la méditation « visuelle », car des centaines d'exercices de ce genre répondent aux différentes exigences individuelles. L'exercice qui consiste à fixer intensément un objet immobile de notre entourage, n'est qu'un travail préparatoire, tandis que celui de la concentration visuelle sur un objet qui se meut dans un orbite défini à l'intérieur du corps, appartient à un stade avancé de la méditation.

La concentration visuelle sur un objet très compliqué et sur tous ses détails, est un excellent exercice pour le débutant qui apprend à maîtriser l'esprit errant. Par contre, on conseille la concentration visuelle sur un objet plus simple, à celui qui a déjà une certaine expérience de la méditation. Certains résultats spécifiques peuvent être obtenus grâce à la différence de couleurs, de forme et de position des objets qu'on regarde. Arrivé au stade avancé de la concentration visuelle, le yogi doit « construire visuellement » une grande image dans un espace-restreint, et maint yogi tibétain réussit à distinguer clairement un vaste Mandala (Etendue) dans l'espace d'une petite fève.

La « vision » peut d'une part développer la puissance et la souplesse de l'esprit, et de l'autre, guider le yogi vers le stade avancé de Samadhi.

L'exercice visuel, qui, à ses débuts, a pour mission d'apprivoiser l'esprit, fait partie d'un plan. Si la méditation par concentration visuelle est à ses débuts un entraînement pour l'esprit, elle peut par la suite se rapprocher considérablement de la conscience pure et indivisible. C'est de toutes les méditations, la plus étendue et la plus complexe.

4) Pratique de la méditation par le Mantram yoga - Récitations ou incantations mystiques
Tandis que la méditation par la concentration visuelle a recours à l'esprit de l'oeil, Mantram yoga emploie l'esprit de l'oreille. Le son et la vue peuvent être également utilisés pour atteindre Samadhi. Réciter une prière ou prononcer une seule bénédiction comme « Om » ou « Ah », est une des méditations les plus courantes en Orient. Bien que le bouddhisme n'accorde pas tant d'importance au son que l'hindouisme, le mot « yoga », par sa seule résonance, a toujours été l'un des éléments principaux de la méditation bouddhiste, pratiquée par moines et laïques. Sa popularité est due à trois causes : c'est la plus simple des méditations, la plus religieuse aussi, celle qui comble les besoins de la masse.

Les types de méditation précédemment nommés, sont surtout des exercices psycho-physiques, contenant peu d'éléments religieux. Ils ne peuvent donc satisfaire les aspirations spirituelles des masses. C'est pourquoi on a recours à la méditation par la prière, la plus populaire et la plus influente, pratiquée par les bouddhistes dévots de toutes conditions.

5) Pratique de la méditation par le mouvement
Samadhi est un état qu'on peut atteindre par de nombreuses méthodes, dont la plus directe est la méthode tranquille. Certains mouvements peuvent aussi vous aider sur la voie de Samadhi. Ainsi le fameux mouvement taoïste chinois Tai Chi, inventé par le grand yoga taoïste San Fung Chang, de la dynastie des Ming, est un excellent moyen de pratiquer la méditation. Ce mouvement primordial est un exercice peu violent ingénieusement inventé pour unir harmonieusement les forces positive et négative dans le corps humain. Il maîtrise automatiquement l'esprit, contrôle Prana, et transporte même l'individu au stade de Samadhi. Ce mouvement important est devenu un des principaux exercices de gymnastique, pratiqué par les Chinois dans toutes les circonstances de la vie. En dépit de sa valeur hygiénique, maints yogis taoïstes considèrent l'application actuelle de cet exercice, comme la dégénérescence du mouvement inventé primitivement dans un but plus élevé.

Une autre méditation, celle de « l’Instruction-par-le-Mot-Unique », inventée par les taoïstes, permet à un yoga de réveiller en quelques jours les forces humaines, grâce à certains mouvements des deux pouces. La manière exacte d'opérer ces mouvements est tenue secrète.

En général, le bouddhisme n'accorde pas une grande importance au mouvement dans la pratique de la méditation, bien qu'il lui reconnaisse une certaine utilité et qu'il l'applique quelquefois. Néanmoins, il considère le mouvement comme un bon exercice subsidiaire, mais qui ne peut être envisagé comme une des formes importantes de la méditation.

Les différentes religions ont chacune leur méthode d'enseigner les exercices du mouvement. Avant de s'y livrer, il est utile de les analyser avec soin, pour éviter une perte de temps, et les conséquences fâcheuses de leur mauvaise interprétation.

6) Pratique de la méditation par la bonne volonté et les pensées pieuses
Du point de vue spirituel, cette méditation est bien plus importante que les cinq autres que nous venons de commenter. Les « Quatre Pensées Illimitées », exaltation de la « Bonne Volonté » et de la « Pensée Pieuse » témoignées à tout ce qui vit, font l'objet d'un enseignement très répandu et pratiqué par les yogis bouddhistes. Ces « Quatre Pensées Illimitées », l'Amitié, la Compassion, la Joie Heureuse et l'Egalité d'Humeur, poursuivent le double but, de cultiver la compassion pour tout ce qui vit, de réduire les obstacles qui nous séparent de notre prochain et qui contribuent à répandre la misère ici-bas.

Les bouddhistes considèrent la méditation des « Quatre Pensées Illimitées » comme le principe fondamental de toutes les autres, et ont coutume au Tibet d'en réciter les stances, et de les « contempler avant de se livrer à toute autre méditation.

La Bonne Volonté et la Dévotion sont indispensables à la préparation spirituelle, sans laquelle toute méditation devient stérile et même dangereuse. Lorsqu'après de longs exercices les yogis n'atteignent pas « l'Illumination », ils découvrent souvent que leur échec est dû au manque de préparation spirituelle et morale. Ils reprennent alors les exercices du début : prières, prostrations, etc., exercice des « Quatre Pensées Illimitées » et du « Voeu de Bodhisattva ».

La méditation religieuse est à la base de toutes les autres. Celui qui veut sincèrement atteindre l'Illumination, ne devrait jamais la négliger.

7) Pratique de la méditation par l’identification de l'Essence de l'Esprit
C'est la méditation « sans effort » et sans « objet » à méditer de Zen et de Mahamudra. C'est le travail spontané et merveilleux de l'esprit humain, le point culminant et l'essence de tout enseignement bouddhique. Cette méditation est la plus difficile à pratiquer pour ceux qui n'ont pas encore traversé la « porte » ; elle est la plus simple de toutes pour ceux qui l'ont dépassée. Tous les autres exercices ne servent que de préparation à la méditation sur l'Essence de l'Esprit. Le but principal de ce travail de ces exercices préparatoires est avant tout de rechercher la nature même de l'esprit. Une fois qu'il l'aura reconnue, le yogi pourra désormais se laisser absorber par elle, en tous lieux et temps. Quoi qu'il fasse, « l'Illumination » brillera pour lui, éclairant le « non-mental ». Bien qu'il y ait encore un long chemin à parcourir après cette « vision », les sages bouddhistes la considèrent comme la première étape, la plus importante peut-être, que tout yogi doit tenter de franchir. Lorsqu'il arrive devant la « porte » ouverte, la méditation cesse d'être pour lui un « exercice ». Elle devient alors un acte naturel et spontané. La marche, la parole ou le repos, toutes les activités de l'homme sont autant de méditations merveilleuses. Tout effort, pensée ou objet, devient inutile.

Mais il faudra encore travailler longtemps pour atteindre la « porte ouverte », et pratiquer la méditation « sans objet » par la méthode Zen, expliquée dans un précédent chapitre, ou celle de Mahamudra, commentée dans les deux ouvrages de Evans Wentz : Le Livre Tibétain de la grande Libération, et Yoga Tibétain et doctrines secrètes, Livre II.

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Jean Pascal a écrit : Il comprendra alors que l'existence physique et psychique subordonnée à la conception de « l'ego », est misérable, éphémère et illusoire.
Sa prison de chair que le Saint-Esprit lui commande de respecter (connaître donc) n'est-elle pas aussi œuvre de D. :?: à moins que de se dire cela ne soit qu'un piège de l'égo pour nous y laisser attaché)
Tout prisonnier ne doit-il pas au contraire observer, accepter, comprendre et aimer (et ce même avec son ego) sa prison avant de s'en échapper (sans ego peut-être à ce moment précis) :?:
Cette voie n'est-elle pas elle aussi une voie étroite vers Soi-même, vers ce point blanc qui est en notre noirceur: aimer sa prison tout en voulant la quitter :?:

Et en même temps, il nous faut bien vouloir nous en échapper et donc en connaître les limites et faiblesses ... juger l'œuvre de D. en somme fait partie de l'amour de D. qui au fond ne veut pas qu'on accepte tout sans lutter :) ... et peut-être peut-on le faire comme un jeu, à la façon d'un petit enfant (que l'on reste toujours) avançant toujours sans peur pour apprendre et faire grandir sa conscience ce qui est sa seule vraie préoccupation parce qu'il sait qu'il est là sur Terre pour cela ... il sait que le bien et le mal n'existent pas ... il n'y a que le pouvoir (de conscience sur lui-même) et ceux qui sont trop faibles (parce qu'ils ont peur des "dangers") pour s'en servir.
Modifié en dernier par naoTsuen le 9 septembre 2013, 11:16, modifié 1 fois.
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(extrait édifiant)

III. Les trois étapes successives de la Méditation

Première étape

La première sensation de celui qui médite, est le flux constant des pensées folles qui l'assaillent. Il découvre son impuissance totale à contrôler son esprit. Ses pensées errantes, plus nombreuses qu'auparavant, coulent sans cesse comme l'eau d'une chute. Cette première expérience déçoit et décourage de nombreux débutants, qui se mettent à douter de l'efficacité de la méditation, et de la possibilité d'atteindre Samadhi. Quelques-uns changent alors de technique, passent de l'une à l'autre, et renoncent finalement à la méditation. En fait, la méditation n'augmente jamais les pensées errantes, mais réussit à les révéler. Seul un esprit calmé peut reconnaître le flux constant de pensées qu'il n'avait pas deviné auparavant. Les progrès réels accomplis par celui qui médite, n'arrêtent pas pour autant les nombreuses pensées qui se bousculent dans son esprit en l'espace d'une seconde. Ce fait a été constaté par Bouddha lui-même, dans le sutra de l’Explication de la Profondeur Cachée.

La conscience Alaya (réserve) est très subtile et profonde ;
Tous les germes coulent en elle comme les eaux d'un torrent.
Je ne dévoile pas cette conscience aux fous et aux ignorants,
Je craindrais qu'il ne s'en pare comme d'une Réalité Personnelle.

Selon la philosophie Yogacara, le flux constant de pensées qui ne cesse de couler pendant la méditation, n'est autre que l'entrée en scène des « Germes-de-l'Impression » qui étaient restés cachés dans l’Alaya de la conscience. Ces germes, infinis, illimités et bien conservés, contribuent à édifier les principes fondamentaux de l'esprit. Il importe avant tout pour la méditation de reconnaître l'action de ces germes qui se manifestent sous la forme de « vagues » de pensées. Elle devra ensuite arrêter leur action propulsive, et les transformer en l'infinie capacité de la Bouddhéité.

Que le débutant ne se laisse pas décourager par ces pensées, qu'il continue les exercices de méditation, jusqu'à ce qu'il atteigne Samadhi.

Seconde étape
Le yogi qui néglige les difficultés suscitées par le contrôle des pensées errantes et continue à méditer, constatera à la longue un ralentissement de leur cours, et pourra mieux les contrôler. Au début ces pensées jaillissent comme l'eau d'un torrent, mais le flot se calme peu à peu, et finit par couler lentement comme un grand fleuve, ne formant plus que de petites rides à sa surface. Une fois cette étape franchie, le yogi sera sujet à d'étranges symptômes ; il aura des visions, entendra des accords célestes, respirera d'agréables parfums, et ainsi de suite. Si l'on en croit l'analyse Tantrique, la plupart de ces visions décevantes sont causées par les Pranas qui stimulent les différents centres nerveux. Le Guru met constamment son yogi en garde contre ces visions, et lui évite d'être trompé par elles. Le récit suivant est l'exemple typique de visions décevantes auxquelles on est sujet pendant la deuxième étape de la méditation.

Aux confins de la Lamaserie de Par-Pong, dans le district de Derge du Tibet oriental, s'élevait un petit ashram appelé la « Maison de Méditation » et habité par trente-six Lamas, qui avaient fait le voeu de méditer pendant trois ans, trois mois et trois jours, sans sortir de l'enclos de l'ashram, ni dormir sur un lit ou parler à toute autre personne qu'à leur Guru et leurs camarades de méditation aux heures permises. Par ailleurs, le silence le plus profond régnait dans l'ashram où les yogis observaient une stricte discipline. A la fin des trois ans, trois mois, trois jours de méditation, on célébrait solennellement la collation des grades aux Lamas. Tous les moines du monastère et les habitants du village assistaient à la cérémonie, puis, après les préparatifs nécessaires, un nouveau cycle commençait. Ce programme était suivi depuis deux cents ans dans la Lamaserie de Par-Pong.

J'y passai quelques mois en 1937, et j'eus alors l'occasion de m'entretenir avec un Lama qui venait de gagner ses grades. Il me raconta l'histoire suivante :

Au milieu du cinquième mois de mes études, je vis un jour, pendant que je méditais, une araignée à quelques pas de mon nez. Sur le moment, je n'y pris garde. Quelques jours passèrent, pendant lesquels l'araignée toujours présente s'approchait de plus en plus de ma figure. Ennuyé par cette présence constante, j'essayai de m'en débarrasser. Je méditai d'abord sur le thème de la Compassion, offrant toute ma bonne volonté à l'araignée, mais elle était toujours là. J'implorai ensuite le secours du Protecteur-de-Dharma et récitai son féroce Mantrum (incantation sacrée), espérant ainsi exorciser l'araignée, mais je ne fus pas plus heureux. En désespoir de cause, j'essayai de méditer sur le caractère illusoire de toute chose, et de comprendre que cette araignée irréelle n'était que le fruit de mon imagination. Rien n'y fit.

Quelques semaines s'écoulèrent au cours desquelles l'araignée grandissait toujours et s'approchait de plus en plus de mon nez, malgré les efforts que je faisais pour la chasser. Elle devint bientôt si grande que je pris peur et m'arrêtai de méditer. J'allai trouver mon Guru et lui contai toute l'expérience. Il me répondit en souriant : « A vrai dire, tu as épuisé tous les moyens et je ne crois pas pouvoir t'aider. Que comptes-tu faire à présent ? ». Ces propos me bouleversèrent à tel point que je lui dis : « Si rien ne peut m'aider, il ne me reste plus qu'à poignarder l'araignée, car toute méditation m'est devenue impossible. Bien que l'acte de tuer un être sensible soit un crime aux yeux de notre Seigneur Bouddha, le seul fait qui compte à présent, c'est l'obstacle qui m'empêche de poursuivre le chemin de l'Illumination ».

Mon Guru répondit : « Inutile de te dépêcher ! Ne tue pas l'araignée aujourd'hui, attends jusqu'à demain. Retourne dans ta cellule et reprends ta méditation. Si l'araignée paraît encore, marque-lui une croix à la craie sur le ventre. Reviens ensuite me voir ! »

Je suivis ses instructions, et lorsque l'araignée parut, je traçai à la craie une croix sur son ventre, comme le Guru me l'avait recommandé. Puis, je retournai chez lui et lui dit : « Cher Lama, j'ai suivi ton conseil ». Le Guru me dit alors d'enlever mon tablier. J'étais très intrigué, mais obéis. Alors, indiquant du doigt la partie inférieure de mon ventre, il me dit : « Regarde plutôt toi-même ! » Je baissai la tête et à mon grand étonnement, je vis une croix marquée à la craie sur mon ventre ! Si j'avais poignardé l'araignée illusoire, je me serais tué ! »

Troisième étape
Le yogi, indifférent aux pensées errantes, au manque de confort physique, aux visions décevantes, et à toute autre forme d'empêchement, persistera dans la méditation. Alors seulement il atteindra le but de tous ses efforts, le stade de Samadhi. Il pourra commencer les exercices plus compliqués de Prajnamarita, et entrer ainsi dans la voie qui le mènera vers la Bouddhéité.

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