Comment progresser dans la méditation?
Posté : 30 janvier 2013, 00:39
Chers Amis,
Dans le propos d’apporter quelques éléments de réflexion aux pratiquants de la méditation, je vous livre un échange récent tenu avec un étudiant.
La question de base était : comment progresser dans la méditation ?
Il faut une bonne dose de ténacité et de perspicacité pour pénétrer toujours plus profondément dans la science de la méditation.
A mon sens, il s’agit d’une science avec son étude et son analyse des principes qui régissent l’activité mentale, mais la méditation est également un art.
Il faut être un brin artiste pour faire de cette pratique une œuvre créatrice, quelque chose de profondément édifiant et esthétique. Notre sensibilité artistique - ce que nous avons d’intuition en nous, intervient dans le processus d’auto-découverte et nous permet de ne pas stagner.
Si nous stagnons c’est que nous manquons précisément de cette sensibilité (à ne pas confondre avec sensiblerie) si indispensable pour accueillir les directives des parties supérieures de l’Etre.
Les plus belles œuvres esthétiques ont été réalisées par un magnifique effort de sublimation de la souffrance.
Nous souffrons terriblement dans la méditation et il nous faut découvrir comment transcender cette souffrance pour découvrir la paix.
Malheureusement la plupart des pratiquants s’arrêtent au premier degré de l’expérience.
Après de nombreux mois voire de nombreuses années et pour peu qu’il soit régulier, le pratiquant arrive expérimenter une certaine stabilité mentale.
Les pensées sont observées comme les nuages qui passent dans le ciel et la concentration sur un point est affermie.
A ce stade, il arrive que nous sortions de notre méditation avec un sentiment de bien-être et de satisfaction (pour ne pas dire d’autosatisfaction) : « j’ai bien pratiqué », « j’ai fait une bonne méditation », etc..
Bon, c’est précisément là que le travail commence. Cette stabilité relative est le point de départ de la méditation.
Relative parce que si nous étions suffisamment attentifs nous observerions que plus profondément le mental continue ses bavardages et ses innombrables projections.
Il est donc nécessaire de « descendre » plus en profondeur.
Quel est le moyen dont nous disposons pour explorer notre inconscient, ce dont nous n’avons pas conscience ?
La porte royale de l’inconscient est le rêve disait Freud.
Nous devons par conséquent étudier le rêve, et quand rêvons-nous au sens de Freud ?
Un enfant répondrait : « nous rêvons lorsque nous dormons ».
Nous devons par conséquent introduire le facteur sommeil dans notre pratique afin de pénétrer dans le monde du rêve.
Doser le sommeil est de manière indiscutable, ce que nous devons apprendre.
Il y a un autre avantage avec le sommeil, c’est que le corps physique ne nous importune plus. Il nous laisse tranquille, nous n’avons plus à nous en soucier.
Lorsque nous faisons notre premier pas dans la méditation profonde, apparaissent les pensées-images en quantité incalculable.
Nous devons faire preuve de discernement dans notre observation pour ne pas nous laisser hypnotiser par ces pensées.
Peu à peu, ce monde souterrain inconnu s’offre à notre observation.
Tout ce monde qui bavarde et qui produit une activité psychique continuelle.
Notre partie inattentive se trouve ici.
En effet, si nous pensons avoir acquis une stabilité méditative, sans être illuminé dans le sens le plus élevé du terme, nous le devons au fait que notre attention n’est pas pleine. Nous sommes divisés, éclatés, morcelés, dans les niveaux inférieurs à notre perception.
Atteindre la plénitude de l’attention est le passeport pour l’illumination.
Il nous faut énormément souffrir pour arriver à ce précieux résultat.
Je dois dire qu’à chaque fois que je rentre en méditation, je ressors avec de la nausée, une véritable nausée.
Il n’y a rien de réjouissant à observer nos propres fils invisibles, les fils qui agissent et manipulent notre marionnette, notre si aimée personnalité humaine, et qui conditionnent à notre insu toute notre manière de penser.
Nous souffrons lorsque nous observons toutes ces pensées, images, préoccupations, projections, analyses, représentations - tous ces schémas mentaux sur lesquels nous reposons.
Dépasser la souffrance signifie atteindre la compréhension qui précède la paix insondable de l’esprit.
La tâche parait insurmontable tant nos constructions mentales sont nombreuses et complexes.
La force du désir et de l’attachement ont créé notre aliénation mentale.
À force d’observation continue nait peu à peu la compréhension créatrice.
Cette compréhension nous permet de défaire nos liens avec nos abominations mentales.
Malgré leur apparente complexité toutes nos fondations mentales reposent sur une dualité.
A mesure que nous comprenons cette dualité sur laquelle s’édifie n’importe quel schéma mental, que nous captons intimement l’absence de réalité de ce qui nous lie à nos créations mentales illusoires, nous nous rapprochons lentement du silence, de la vérité sur nous-mêmes, du "qui suis-je" de la philosophie.
Mais même ici tout n’est pas rose.
Nous devons prévenir qu’il y a des fils que nous pouvons défaire. Parfois nous comprenons quelque élément psychologique jusqu’à un certain point, mais rien n'y fait, nous sommes comme amalgamés à cet agrégat psychique.
Notre Mère Divine peut nous aider à libérer notre essence de cet attachement viscéral.
Il nous faut la prier en pleurant des larmes de sang, pour lui demander de nous illuminer, de nous libérer de nos chaines.
Arrivé à un certain stade, nous avons suffisamment de conscience pour en appeler à notre Etre qui peut aussi intervenir dans ce processus en récriminant le mental rebelle.
Nous – en tant qu’Etre, pouvons alors agir sur le mental pour lui imposer le silence.
Des éclairs blancs d’un incroyable éclat apparaissent alors dans notre monde mental.
Nous sommes effrayés devant une telle manifestation de puissance.
Le mental se couche enfin, contraint d’obéir.
Le Maître du Verseau fait un éblouissant commentaire sur la méditation profonde dans son livre la Révolution de la Dialectique (Chapitre 301 à 306).
La révolution de la méditation appartient au « 2ème joyau du Dragon Jaune ».
http://download.don-et-compassion.com/L ... ctique.pdf
En conclusion, il est nécessaire d’être exigent sur le terme.
La méditation zen est le début du travail, l’école élémentaire indispensable pour acquérir la base nécessaire avant de pénétrer dans nos mondes internes.
De fait, il me semble que si nous sommes « heureux » après une méditation c’est que notre méditation n’est pas correcte.
Nous avons besoin d’un bon coup de bâton sur la tête pour nous rappeler à l’ordre.
On raconte que souvent les Maîtres de méditation procèdent de la sorte après que leurs élèves avancés « atterrissent » après un Satori ou un Samadhi.
Pourtant ceux-ci ont expérimenté le Bonheur absolu bien au-delà du mental.
Comment pouvons-nous être heureux alors que notre conscience est prisonnière d’agrégats psychiques qui lui ont volé sa lumière ?
De ce point de vue, la méditation est tout le contraire d’une sinécure.
Un travail laborieux et incessant, jour après jour, mois après mois, année après année, pour « faire que la Lumière soit » !
Tout à vous en la Sainte Science de l’Etre
L.
Dans le propos d’apporter quelques éléments de réflexion aux pratiquants de la méditation, je vous livre un échange récent tenu avec un étudiant.
La question de base était : comment progresser dans la méditation ?
Il faut une bonne dose de ténacité et de perspicacité pour pénétrer toujours plus profondément dans la science de la méditation.
A mon sens, il s’agit d’une science avec son étude et son analyse des principes qui régissent l’activité mentale, mais la méditation est également un art.
Il faut être un brin artiste pour faire de cette pratique une œuvre créatrice, quelque chose de profondément édifiant et esthétique. Notre sensibilité artistique - ce que nous avons d’intuition en nous, intervient dans le processus d’auto-découverte et nous permet de ne pas stagner.
Si nous stagnons c’est que nous manquons précisément de cette sensibilité (à ne pas confondre avec sensiblerie) si indispensable pour accueillir les directives des parties supérieures de l’Etre.
Les plus belles œuvres esthétiques ont été réalisées par un magnifique effort de sublimation de la souffrance.
Nous souffrons terriblement dans la méditation et il nous faut découvrir comment transcender cette souffrance pour découvrir la paix.
Malheureusement la plupart des pratiquants s’arrêtent au premier degré de l’expérience.
Après de nombreux mois voire de nombreuses années et pour peu qu’il soit régulier, le pratiquant arrive expérimenter une certaine stabilité mentale.
Les pensées sont observées comme les nuages qui passent dans le ciel et la concentration sur un point est affermie.
A ce stade, il arrive que nous sortions de notre méditation avec un sentiment de bien-être et de satisfaction (pour ne pas dire d’autosatisfaction) : « j’ai bien pratiqué », « j’ai fait une bonne méditation », etc..
Bon, c’est précisément là que le travail commence. Cette stabilité relative est le point de départ de la méditation.
Relative parce que si nous étions suffisamment attentifs nous observerions que plus profondément le mental continue ses bavardages et ses innombrables projections.
Il est donc nécessaire de « descendre » plus en profondeur.
Quel est le moyen dont nous disposons pour explorer notre inconscient, ce dont nous n’avons pas conscience ?
La porte royale de l’inconscient est le rêve disait Freud.
Nous devons par conséquent étudier le rêve, et quand rêvons-nous au sens de Freud ?
Un enfant répondrait : « nous rêvons lorsque nous dormons ».
Nous devons par conséquent introduire le facteur sommeil dans notre pratique afin de pénétrer dans le monde du rêve.
Doser le sommeil est de manière indiscutable, ce que nous devons apprendre.
Il y a un autre avantage avec le sommeil, c’est que le corps physique ne nous importune plus. Il nous laisse tranquille, nous n’avons plus à nous en soucier.
Lorsque nous faisons notre premier pas dans la méditation profonde, apparaissent les pensées-images en quantité incalculable.
Nous devons faire preuve de discernement dans notre observation pour ne pas nous laisser hypnotiser par ces pensées.
Peu à peu, ce monde souterrain inconnu s’offre à notre observation.
Tout ce monde qui bavarde et qui produit une activité psychique continuelle.
Notre partie inattentive se trouve ici.
En effet, si nous pensons avoir acquis une stabilité méditative, sans être illuminé dans le sens le plus élevé du terme, nous le devons au fait que notre attention n’est pas pleine. Nous sommes divisés, éclatés, morcelés, dans les niveaux inférieurs à notre perception.
Atteindre la plénitude de l’attention est le passeport pour l’illumination.
Il nous faut énormément souffrir pour arriver à ce précieux résultat.
Je dois dire qu’à chaque fois que je rentre en méditation, je ressors avec de la nausée, une véritable nausée.
Il n’y a rien de réjouissant à observer nos propres fils invisibles, les fils qui agissent et manipulent notre marionnette, notre si aimée personnalité humaine, et qui conditionnent à notre insu toute notre manière de penser.
Nous souffrons lorsque nous observons toutes ces pensées, images, préoccupations, projections, analyses, représentations - tous ces schémas mentaux sur lesquels nous reposons.
Dépasser la souffrance signifie atteindre la compréhension qui précède la paix insondable de l’esprit.
La tâche parait insurmontable tant nos constructions mentales sont nombreuses et complexes.
La force du désir et de l’attachement ont créé notre aliénation mentale.
À force d’observation continue nait peu à peu la compréhension créatrice.
Cette compréhension nous permet de défaire nos liens avec nos abominations mentales.
Malgré leur apparente complexité toutes nos fondations mentales reposent sur une dualité.
A mesure que nous comprenons cette dualité sur laquelle s’édifie n’importe quel schéma mental, que nous captons intimement l’absence de réalité de ce qui nous lie à nos créations mentales illusoires, nous nous rapprochons lentement du silence, de la vérité sur nous-mêmes, du "qui suis-je" de la philosophie.
Mais même ici tout n’est pas rose.
Nous devons prévenir qu’il y a des fils que nous pouvons défaire. Parfois nous comprenons quelque élément psychologique jusqu’à un certain point, mais rien n'y fait, nous sommes comme amalgamés à cet agrégat psychique.
Notre Mère Divine peut nous aider à libérer notre essence de cet attachement viscéral.
Il nous faut la prier en pleurant des larmes de sang, pour lui demander de nous illuminer, de nous libérer de nos chaines.
Arrivé à un certain stade, nous avons suffisamment de conscience pour en appeler à notre Etre qui peut aussi intervenir dans ce processus en récriminant le mental rebelle.
Nous – en tant qu’Etre, pouvons alors agir sur le mental pour lui imposer le silence.
Des éclairs blancs d’un incroyable éclat apparaissent alors dans notre monde mental.
Nous sommes effrayés devant une telle manifestation de puissance.
Le mental se couche enfin, contraint d’obéir.
Le Maître du Verseau fait un éblouissant commentaire sur la méditation profonde dans son livre la Révolution de la Dialectique (Chapitre 301 à 306).
La révolution de la méditation appartient au « 2ème joyau du Dragon Jaune ».
http://download.don-et-compassion.com/L ... ctique.pdf
En conclusion, il est nécessaire d’être exigent sur le terme.
La méditation zen est le début du travail, l’école élémentaire indispensable pour acquérir la base nécessaire avant de pénétrer dans nos mondes internes.
De fait, il me semble que si nous sommes « heureux » après une méditation c’est que notre méditation n’est pas correcte.
Nous avons besoin d’un bon coup de bâton sur la tête pour nous rappeler à l’ordre.
On raconte que souvent les Maîtres de méditation procèdent de la sorte après que leurs élèves avancés « atterrissent » après un Satori ou un Samadhi.
Pourtant ceux-ci ont expérimenté le Bonheur absolu bien au-delà du mental.
Comment pouvons-nous être heureux alors que notre conscience est prisonnière d’agrégats psychiques qui lui ont volé sa lumière ?
De ce point de vue, la méditation est tout le contraire d’une sinécure.
Un travail laborieux et incessant, jour après jour, mois après mois, année après année, pour « faire que la Lumière soit » !
Tout à vous en la Sainte Science de l’Etre
L.