Méditation, propos du maître zen Dôgen
Posté : 26 octobre 2010, 11:34
Il ne s'agit pas ainsi de s'exercer en vue d'une fin donnée, comme dans l'ascèse occidentale, qui creuse un fossé entre la discipline et le résultat, toujours différé, au point de paraître improbable ou hypothétique ; il suffit au contraire de s'engager entièrement dans la pratique, sans arrière-pensées et surtout sans se fixer par avance un but ou un objectif. Il n'y a pas un instant à perdre pour qui cherche l'Éveil, répète Dôgen : toute délibération sur les moyens appropriés apparaît dès lors comme une perte de temps, voire comme une manière de gagner du temps... « La Voie est sous nos pieds », c'est ici et maintenant que tout se joue : inutile donc de tergiverser !
Dans son grand ouvrage, le Shôbôgenzô (le Trésor de l'OEil du véritable Dharma), se référant à la posture du Bouddha (qui connut l'illumination assis en lotus sous l'arbre de l'Éveil), Dôgen préconise tout simplement de revenir à la source originelle, à la pratique de la méditation assise (zazen). Il faut commencer par là et le reste suivra ; toute inquiétude à ce sujet révèle encore un mental agité, l'incapacité à être tout entier dans ce que l'on fait. Car, pour atteindre l'Éveil, il ne faut paradoxalement pas y aspirer, les attentes angoissées et les vaines projections étant caractéristiques de l'ego encore pris dans les rets de la réalité factice...
"Étudier la Voie bouddhique, c'est s'étudier soi-même. S'étudier soi-même, c'est s'oublier soi-même. S'oublier soi-même, c'est être attesté par tous les dharmas. Être attesté par tous les dharmas, c'est se dépouiller de son corps et de son esprit, ainsi que du corps et de l'esprit d'autrui. C'est voir disparaître toute trace d'Éveil, et faire apparaître constamment cet Éveil sans trace" (chapitre Genjô-kôan, La Vision immédiate.)
Comme l'écrit aussi Dôgen dans le beau chapitre Busshô (La nature d'Éveillé), « il viendra un temps où compréhension et sens profond se rejoindront » ; seule la pratique de la méditation assise peut permettre de surmonter l'écart entre compréhension intellectuelle et compréhension profonde, intime. Les sûtras deviennent rapidement dans l'esprit de Dôgen des expériences vécues, des fils d'Ariane plutôt que des toiles conceptuelles où des mouches savantes se débattent...
Dans son grand ouvrage, le Shôbôgenzô (le Trésor de l'OEil du véritable Dharma), se référant à la posture du Bouddha (qui connut l'illumination assis en lotus sous l'arbre de l'Éveil), Dôgen préconise tout simplement de revenir à la source originelle, à la pratique de la méditation assise (zazen). Il faut commencer par là et le reste suivra ; toute inquiétude à ce sujet révèle encore un mental agité, l'incapacité à être tout entier dans ce que l'on fait. Car, pour atteindre l'Éveil, il ne faut paradoxalement pas y aspirer, les attentes angoissées et les vaines projections étant caractéristiques de l'ego encore pris dans les rets de la réalité factice...
"Étudier la Voie bouddhique, c'est s'étudier soi-même. S'étudier soi-même, c'est s'oublier soi-même. S'oublier soi-même, c'est être attesté par tous les dharmas. Être attesté par tous les dharmas, c'est se dépouiller de son corps et de son esprit, ainsi que du corps et de l'esprit d'autrui. C'est voir disparaître toute trace d'Éveil, et faire apparaître constamment cet Éveil sans trace" (chapitre Genjô-kôan, La Vision immédiate.)
Comme l'écrit aussi Dôgen dans le beau chapitre Busshô (La nature d'Éveillé), « il viendra un temps où compréhension et sens profond se rejoindront » ; seule la pratique de la méditation assise peut permettre de surmonter l'écart entre compréhension intellectuelle et compréhension profonde, intime. Les sûtras deviennent rapidement dans l'esprit de Dôgen des expériences vécues, des fils d'Ariane plutôt que des toiles conceptuelles où des mouches savantes se débattent...