L'éveil au réalisme spirituel
Posté : 15 septembre 2013, 11:46
Chers Amis,
Il est réellement difficile de s’éveiller au réalisme spirituel.
Cela se passe lorsque nous comprenons intimement que nos fondements psychologiques reposent sur une seule chose, le moi.
Le moi se cache partout, il est présent à la "messe", à la confession, il est présent lors de nos pratiques ésotériques ou profanes, au bureau, au foyer, dans chacune de nos paroles, dans nos meilleures intentions, nos plus beaux sentiments, nos pensées les plus élevées.
Notre sentiment, notre pensée et notre volonté est contaminé par le moi, et tant que nous ne l’aurons pas observé de manière directe, sans l’intervention de la pensée conditionnée, nous ne serons jamais libres de nous en libérer.
Il est dit qu’il y a beaucoup de vertus chez les méchants et beaucoup de méchancetés chez les vertueux.
Cet aphorisme est en lui-même un koan.
Nous pouvons essayer de le comprendre avec l’intellect et faire de brillantes dissertations sans jamais saisir son essence, mais si nous captons intuitivement sa signification, il éclaire notre condition.
Pourquoi nous est-il si difficile de voir ce que nous sommes ? Pourquoi ne pouvons-nous pas mobiliser toutes nos ressources pour découvrir ce qui se cache derrière notre personnalité, derrière chacun de nos actes ?
C’est que nous voulons d’une manière ou d’une autre continuer à exister.
Nous voulons exister spirituellement et cela est la farce la plus aboutie du moi.
Il existe au Tibet une tradition de maîtres étranges, des maîtres qui n’agissent pas comme les autres.
Leurs actions ne respectent aucune règle, aucune morale apparente.
Il est rare qu’ils acceptent des disciples et enseignent d’une manière peu orthodoxe comme en témoigne le récit suivant.
L’un d’entre eux trouva un jour des moines engagés dans une discussion métaphysique. Il demanda :
" - Que faites-vous, ô moines ? "
- Nous purifions notre esprit des doutes et de ce qui en perturbe l'harmonie.
- Je connais moi-même un peu la métaphysique ", répliqua-t-il.
Ayant dit, il les gratifia d'un énorme pet en plein dans les narines. " Qu'est-ce qui est premier, l'air ou l'odeur ? "
Les moines se mirent en colère et voulurent le chasser. " Nous n'apprécions pas ta forme d'humour ! ". Et ils l'injurièrent.
- Ne soyez pas si fières, détendez-vous un peu ! Mes manières et les vôtres différent, c'est tout. Les miennes sont pleines d'urbanité, les vôtres pleines d'orgueil et de convoitise ! Et maintenant, ajouta-t-il, veuillez, je vous prie, m'annoncer au Bodhisattva de l'Intelligence, Tsongkhapa.
- Qu'apportes-tu en offrande ?
- Je ne savais qu'il fallait faire une offrande. J'en apporterai une la prochaine fois, mais je dois le voir aujourd'hui.
- Il en apportera une la prochaine fois, raillèrent les moines. On n'avait jamais entendu cela !
- Si c'est absolument nécessaire, reprit-il, j'ai ici une belle paire de testicules léguée par mes parents. Cela fera-t-il l'affaire ?
De nouveau, les moines se mirent en colère et le chassèrent..."
Incontestablement ces moines étaient prisonniers du moi psychologique qui se manifeste dans notre carcan mental, ce moi secret qui nous empêche d’être libres de recevoir la sagesse divine.
Nous pourrions juger ces moines avec notre savoir intellectuel sans voir clairement que nous sommes semblables à eux.
Il est aisé de caresser les personnes dans le sens du poil, de faire en sorte de ne pas les bousculer.
Nous avons constaté que la grande majorité des aspirants se créent sous l’action de doctrines ésotériques leurs propres croyances, qui deviennent ipso facto une nouvelle prison.
Nous avons constaté avec douleur qu’un enseignement aussi révolutionnaire que celui de l’Avatar du Verseau, créer un cortège de suiveurs remplis d’illusions sur eux-mêmes.
Cependant, nous ne voulons pas dire qu’il n’y a qu’une seule manière d’enseigner, celle qui consiste à créer le choc psychologique qui va bien.
Sa Sainteté le Dalaï-lama est très « ouvert » sur cette question, le grand nombre peut être accueilli. Le discours officiel est très consensuel au départ.
Néanmoins seul le petit nombre, qui se sera éveillé au cru réalisme spirituel, recevra la quintessence de son enseignement.
Qu’est ce que le cru réalisme spirituel ?
C’est la claire vision que l’ego, le moi-même, est l’acteur de chaque événement de notre vie.
Si réellement nous souhaitons dans notre cœur et avec le peu d’âme que nous avons, nous éveiller, cela ne peut se faire que sur une base réaliste, ou bien nous perdons notre temps.
Chacun est libre.
D’une certaine manière, il vaut mieux apprendre à prier et méditer dans la sangha ou écouter les enseignements du lama, que s’enivrer dans un bar - mais nous disons que fondamentalement les 2 gaspillent leur temps s’ils ne voient pas clairement qui agit en eux, non d'une manière superficielle mais en profondeur.
Sans cette base réaliste, tout est vain, parce que le moi jouit de toutes nos initiatives.
Il est possible d’en finir avec l’illusion d’exister, mais pour cela il faut être d’une sincérité à toute épreuve et doté d’une profonde perspicacité.
Lorsque nous comprenons notre vaniteuse illusion d’exister, la faculté d’exercer notre conscience à la liberté apparait.
Paix & Lumière
L.
Il est réellement difficile de s’éveiller au réalisme spirituel.
Cela se passe lorsque nous comprenons intimement que nos fondements psychologiques reposent sur une seule chose, le moi.
Le moi se cache partout, il est présent à la "messe", à la confession, il est présent lors de nos pratiques ésotériques ou profanes, au bureau, au foyer, dans chacune de nos paroles, dans nos meilleures intentions, nos plus beaux sentiments, nos pensées les plus élevées.
Notre sentiment, notre pensée et notre volonté est contaminé par le moi, et tant que nous ne l’aurons pas observé de manière directe, sans l’intervention de la pensée conditionnée, nous ne serons jamais libres de nous en libérer.
Il est dit qu’il y a beaucoup de vertus chez les méchants et beaucoup de méchancetés chez les vertueux.
Cet aphorisme est en lui-même un koan.
Nous pouvons essayer de le comprendre avec l’intellect et faire de brillantes dissertations sans jamais saisir son essence, mais si nous captons intuitivement sa signification, il éclaire notre condition.
Pourquoi nous est-il si difficile de voir ce que nous sommes ? Pourquoi ne pouvons-nous pas mobiliser toutes nos ressources pour découvrir ce qui se cache derrière notre personnalité, derrière chacun de nos actes ?
C’est que nous voulons d’une manière ou d’une autre continuer à exister.
Nous voulons exister spirituellement et cela est la farce la plus aboutie du moi.
Il existe au Tibet une tradition de maîtres étranges, des maîtres qui n’agissent pas comme les autres.
Leurs actions ne respectent aucune règle, aucune morale apparente.
Il est rare qu’ils acceptent des disciples et enseignent d’une manière peu orthodoxe comme en témoigne le récit suivant.
L’un d’entre eux trouva un jour des moines engagés dans une discussion métaphysique. Il demanda :
" - Que faites-vous, ô moines ? "
- Nous purifions notre esprit des doutes et de ce qui en perturbe l'harmonie.
- Je connais moi-même un peu la métaphysique ", répliqua-t-il.
Ayant dit, il les gratifia d'un énorme pet en plein dans les narines. " Qu'est-ce qui est premier, l'air ou l'odeur ? "
Les moines se mirent en colère et voulurent le chasser. " Nous n'apprécions pas ta forme d'humour ! ". Et ils l'injurièrent.
- Ne soyez pas si fières, détendez-vous un peu ! Mes manières et les vôtres différent, c'est tout. Les miennes sont pleines d'urbanité, les vôtres pleines d'orgueil et de convoitise ! Et maintenant, ajouta-t-il, veuillez, je vous prie, m'annoncer au Bodhisattva de l'Intelligence, Tsongkhapa.
- Qu'apportes-tu en offrande ?
- Je ne savais qu'il fallait faire une offrande. J'en apporterai une la prochaine fois, mais je dois le voir aujourd'hui.
- Il en apportera une la prochaine fois, raillèrent les moines. On n'avait jamais entendu cela !
- Si c'est absolument nécessaire, reprit-il, j'ai ici une belle paire de testicules léguée par mes parents. Cela fera-t-il l'affaire ?
De nouveau, les moines se mirent en colère et le chassèrent..."
Incontestablement ces moines étaient prisonniers du moi psychologique qui se manifeste dans notre carcan mental, ce moi secret qui nous empêche d’être libres de recevoir la sagesse divine.
Nous pourrions juger ces moines avec notre savoir intellectuel sans voir clairement que nous sommes semblables à eux.
Il est aisé de caresser les personnes dans le sens du poil, de faire en sorte de ne pas les bousculer.
Nous avons constaté que la grande majorité des aspirants se créent sous l’action de doctrines ésotériques leurs propres croyances, qui deviennent ipso facto une nouvelle prison.
Nous avons constaté avec douleur qu’un enseignement aussi révolutionnaire que celui de l’Avatar du Verseau, créer un cortège de suiveurs remplis d’illusions sur eux-mêmes.
Cependant, nous ne voulons pas dire qu’il n’y a qu’une seule manière d’enseigner, celle qui consiste à créer le choc psychologique qui va bien.
Sa Sainteté le Dalaï-lama est très « ouvert » sur cette question, le grand nombre peut être accueilli. Le discours officiel est très consensuel au départ.
Néanmoins seul le petit nombre, qui se sera éveillé au cru réalisme spirituel, recevra la quintessence de son enseignement.
Qu’est ce que le cru réalisme spirituel ?
C’est la claire vision que l’ego, le moi-même, est l’acteur de chaque événement de notre vie.
Si réellement nous souhaitons dans notre cœur et avec le peu d’âme que nous avons, nous éveiller, cela ne peut se faire que sur une base réaliste, ou bien nous perdons notre temps.
Chacun est libre.
D’une certaine manière, il vaut mieux apprendre à prier et méditer dans la sangha ou écouter les enseignements du lama, que s’enivrer dans un bar - mais nous disons que fondamentalement les 2 gaspillent leur temps s’ils ne voient pas clairement qui agit en eux, non d'une manière superficielle mais en profondeur.
Sans cette base réaliste, tout est vain, parce que le moi jouit de toutes nos initiatives.
Il est possible d’en finir avec l’illusion d’exister, mais pour cela il faut être d’une sincérité à toute épreuve et doté d’une profonde perspicacité.
Lorsque nous comprenons notre vaniteuse illusion d’exister, la faculté d’exercer notre conscience à la liberté apparait.
Paix & Lumière
L.